Jean-Michel Blais
Jean-Michel Blais est un pianiste, compositeur et interprète basé à Montréal. Son premier album, Il, a été nommé parmi les dix meilleurs albums de 2016 par Time Magazine, et sa musique cumule depuis plus de 580 millions d’écoutes à travers le monde. Membre de la communauté LGBTQ+ et vivant avec le syndrome de Gilles de la Tourette, il puise également dans son expérience d’éducateur spécialisé pour créer des compositions à la fois extatiques et intimistes, mêlant un piano virtuose à de riches textures orchestrales et électroniques, nourries par l’improvisation.
Jean-Michel Blais était prêt à faire une déclaration épique. Avec mirador, son quatrième album, le pianiste et compositeur montréalais tourne son regard vers un monde merveilleux, troquant le minimalisme contemporain pour un maximalisme léger et généreux. C’est une odyssée qui passe par les chœurs, les cordes et la musique des Andes, des grottes espagnoles aux forêts estoniennes, pour revenir jusqu’au sous-sol de Nicolet, au Québec, où Blais a imaginé ses premières aventures.
Les origines de mirador remontent à des souvenirs d’enfance. Enfant mélomane – et, même s’il n’en avait pas encore pleinement conscience, en tant que personne queer atteinte du syndrome de Tourette –, le sous-sol de Blais était son belvédère imaginaire, son mirador, d’où il pouvait rêver le monde. Là, il feuilletait avec émerveillement une encyclopédie Larousse; il jouait avec le vieil orgue Hammond de la famille et réécoutait sans cesse les mêmes cassettes.
Pour l’album aubades de 2022, Blais avait commencé à s’essayer à l’orchestration. Mais il s’est alors laissé séduire par le potentiel de la voix humaine, par le chant en tant que « pur instrument ». Assis devant le petit îlot de cuisine de son appartement, Blais a imaginé un chœur à douze voix, sans paroles. Rapidement, avec l’aide de William Brittelle (LA Philharmonic, The National), il a réuni une chorale de chanteurs baroques, puis y a ajouté un quatuor à cordes composé de ses amis.
Composer ce morceau « a libéré quelque chose », explique Blais. L’une de ses cassettes préférées d’enfance était un enregistrement pirate de musique des Andes, capté à la radio. Ses parents, danseurs de salon amateurs, avaient appris à leur fils à danser la salsa, le mambo et le cha-cha-cha. Il avait appris l’espagnol en autodidacte et avait été tellement ému par son premier voyage en Amérique centrale qu’il avait voulu quitter le conservatoire de musique et donner tous ses biens. Tout au long de sa vingtaine, Blais s’est rendu au Nicaragua, au Guatemala et en Argentine, tombant amoureux des chansons folkloriques traditionnelles andines, en particulier d’artistes comme Los Kjarkas et Charijayac. Sur mirador, Jean-Michel Blais nous offre un retour en enfance : découpez une couronne dans un morceau de papier et vous voilà soudainement roi d’un royaume.